Le Lore des Runes

Présentation de mon jeu de cartes des runes

dernière minute

Certaines images sont en cours de transfert vers un autre site. A bientôt !

 

J’ai essayé autrefois d’apprendre les runes et j’ai piteusement échoué. Mon approche était trop intellectuelle et ne fonctionnait pas. J’ai eu le déclic quand j’ai lu cette phrase : “Rune vient du vieil allemand raunen, murmurer.” Je me suis alors mise à l’écoute de chaque rune pour essayer d’entendre ce qu’elle avait à me dire. En même temps, j’ai pris mon crayon et mes aquarelles, et j’ai commencé à dessiner le jeu que je vous livre ici.

 

Volontairement, je ne commence pas par la carte n° 1 pour finir à la n° 24. Lorsque j’ai réfléchi à la façon de vous présenter mon “tarot du futhark”,  celles-ci se sont imposées à moi dans un ordre qui leur convenait, en fonction de leur rapport avec le moment dans la Roue de l’Année. Le jeu complet ne pourra donc être reconstitué dans l’ordre habituel, du 1 au 24, qu’au terme des 24 publications prévues sur ce blogue.

 

 

Le travail proposé ici est un voyage à travers le futhark, ou alphabet runique, en vingt-quatre étapes. Je l’ai réalisé car je voulais apprendre les runes, non pas de façon intellectuelle mais de manière intuitive, en associant des sons et des images. Il s’agit d’une approche personnelle qui ne prétend pas être universelle.

 

La carte est aussi un territoire

Les vingt-quatre runes suivent une progression, depuis les premiers frémissements de la vie humaine jusqu’à son aboutissement idéal : l’accomplissement total de l’être. Cette progression est indiquée par le numéro d’ordre en haut, à gauche.

Les runes portent un nom, ici indiqué en vieil allemand. J’aurais pu choisir le nom saxon mais le nom allemand me “parlait” plus, et mon premier propos en entamant ce travail était d’écouter ce que les runes avaient à me dire, de les faire résonner en moi. Le nom figure en haut, au centre.

J’ai figuré en haut, à droite, le tracé de la rune le plus communément admis.

Le mot “rune” vient du vieil allemand raunen, murmurer. Avant d’être des signes, les runes sont des sons. Je les comprends comme des vibrations de l’univers traduites en sons de l’environnement naturel, et c’est ainsi que je veux les approcher. J’ai placé le long du côté gauche de chaque carte une possible définition du son que m’évoque la rune.

La plupart des runes font entendre leur écho dans les lettres latines que nous utilisons chaque jour sans toujours songer à la richesse symbolique qu’elles véhiculent. Aussi je rappelle, en bas à gauche, le caractère latin en résonance avec la rune présentée par la carte.

En bas au centre, j’ai inscrit le nom que je donne la carte, et que j’ai choisi pour sa capacité à concentrer le sens premier de la rune, le plus évident, celui dont les autres découlent naturellement. Il est en général issu des mythologies celte ou scandinave, soit directement, soit par évocation d’objets quotidiens appartement à ces civilisations. Pour quelques cartes, le nom appartient aux univers amérindien ou aborigène d’Australie (et dans ces cas-là, cela n’a pas été une décision a priori mais une constatation a posteriori).

Toujours dans une optique de mémorisation des runes, j’ai pris le parti de les répartir en quatre “champs” représentés par le symbole placé en bas à droite : les quatre directions, les cinq éléments, les sept chakras et les huit sabbats (4 + 5 + 7 + 8 = 24). Ces domaines, bien qu’issus de traditions différentes, ne se contredisent pas entre eux mais, dans le cas présent, s’articulent pour proposer un regard cohérent sur le monde.

J’ai travaillé par libre association d’idée. Je revendique la totale subjectivité de cette “grille de lecture” et ne prétends aucunement délivrer un message par cette répartition en quatre domaines, dont la raison d’être était au départ purement mnémotechnique. En effet, ce “classement” en quatre constellations m’a obligée à interroger plus avant les différentes significations de chaque rune et m’a permis de mieux les positionner dans mon ciel intérieur.

Toutefois, malgré ce qu’il pouvait avoir d’artificiel au départ, j’ai eu la surprise de constater au fil de mon exploration qu’il projetait des éclairages, à mes yeux pertinents, sur la plupart des runes. De même que dans les Tarots de Marseille, chaque carte porte différents niveaux de signification, que cette démarche m’a aidée à mettre en lumière.

Le long du côté droit, j’ai explicité mon association d’idée au champ ou domaine choisi par un terme simple.

 

Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours

Enfin, le dessin en lui-même obéit également à une série de choix.

Une des nombreuses façons de s’approprier l’énergie des runes, de la faire résonner en soi, consiste à adopter avec son corps la posture, ou stadha, correspondant au signe tracé. C’est la raison pour laquelle le personnage récurrent adopte, au fur et à mesure de son cheminement dans les espaces des cartes, les stodhür des runes qu’il accompagne, ou parfois qu’il choisit d’incarner.

Le décor est volontairement sobre, afin de laisser la place à l’essentiel. Les symboles qui apparaissent me sont en général venus spontanément : aucun discours rationnel ne les justifie. Sans doute certains sembleront-ils discutables aux spécialistes.

Les couleurs ont été choisies en fonction d’une précédente étude des runes réalisée durant l’hiver 2008-2009. à l’occasion de celle-ci, j’ai tracé une rune chaque jour pendant la période de vingt-quatre jours qui démarre au solstice d’hiver, soit le 21 décembre, en n’utilisant qu’une couleur par carte, puis j’ai résumé au dos de la carte des informations trouvées dans des ouvrages consacrés aux runes, suivies d’intuitions et ressentis personnels.

J’ai dessiné les cartes en fonction des notes prises au cours de cette étude, ainsi que d’après d’autres méthodes d’exploration intérieure (voyage intérieur, rêves, dessins libres…) Lorsqu’il s’est agi de peindre mes dessins pour le jeu de cartes, je me suis également inspirée des coloris de mon étude préalable.

 

 

Je livre ce jeu pour ce qu’il vaut, à ceux qui ont de la curiosité pour l’univers riche et complexe des runes, et ne s’en laissent pas détourner par l’imagerie inappropriée qui les entoure trop souvent. À cette époque de quête spirituelle, les runes m’apparaissent comme un champ immense dans lequel plongent nos racines spirituelles européennes – j’entends “racines européennes” sans la moindre notion de nationalisme ou autres doctrines de haine ou d’exclusion. Nous allons bien souvent chercher la spiritualité chez les peuples qui ont su conserver la leur, et nous avons indubitablement une grande dette envers eux, qui ont su préserver leur héritage. À nous de faire revivre le nôtre, délivré du fatras du folklore et de la censure des religions.